Décès de Guy Rouillard , un illustre apparenté Chazal

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Son enterrement a eu lieu le 9 mars 2017 aux Pamplemouses et un hommage le 3 juin au château du Réduit en présence de la Présidente de la République de Maurice, Ameenah Gurib-Fakim

 

 

 

Hommage de Raymond d’Unienville à Guy Rouillard

Guy Rouillard était le dernier survivant des fondateurs de la Société de l’Histoire de l’Ile Maurice créée en 1938. Il est resté actif comme membre du comité de cette association et du comité de rédaction du Dictionnaire de Biographie Mauricienne jusqu’à sa dernière maladie, et occupa la présidence de la
Société en de nombreuses occasions.

Il nous laisse nombre de travaux de grande valeur dont le principal est sans doute son histoire des domaines sucriers de l’Ile Maurice paru périodiquement dans la Revue agricole et Sucrière de l’Ile Maurice de 1964 à 1979. Il en a réuni les fascicules en un seul volume don’t il a écrit séparément la page de titre, la preface, la table des matières, lesaddndaset corrigendas, la bibliographie, et l’indispensable index. Cet ouvrage n’existe qu’en quelques rares exemplaires dont il a aussi établi la pagination , des pages 1 à 515 et constitue l’unique histoire de toutes les propriétés sucrières de l’ile.

Ses notices du dictionnaire de Biographie Mauricienne sont écrites avec toute la rigueur et la précision qui régit l’ensemble de ce dictionnaire.

Dans le domaine historique il a en outre publié en 1992, une histoire de Curepipe des origines à 1890 dont il m’a fait l’honneur d’écrire l’avant propos.

Passons à la botanique, d’abord avec son inséparable Joseph Guého il fait paraître “Le jardin botanique de Curepipe” publié par la municipalité dans le cadre du centenaire de la ville, c’est à dire en 1990 où nous faisons connaissance avec l’unique représentant de “Hyophoobe Amaricaulis”, palmier endémique
que lón sést efforcé de reproduire. Et avec les azalées aux vives couleurs qui inspirèrent Malcom de Chazal “en le regardant” – d’où Sens Plastique”

Egalement un traité sur “le Jardin des Pamplemousses 1729-1979 Histoire et Botanique” où toute la richesse de ce jardin est analysée, catalogue et décrite.

Avec la collaboration de Gabriel d’Argent “ Le Jardin du Réduit Histoire et Botanique”don’t la preface est de Sir Anerood Jugnauth, alors president de la République.

Ses travaux au MSIRI lui inspirèrent un “Historique de la canne à sucre de l’Ile Maurice 1639-1989 “qu’il publia à l’occasion du 350 ième annivaersaire de l’in troduction de la canne par Adrian Van der Stel. Cet ouvrage comprend une liste complète des introductions successives des espèces de cannes de 1639 à
1985, une bibliographie soignée et un index qui ouvre la porte à la recherche.

Enfin, Guy Rouillard, en collaboration avec Joseph Guého, a produit un superbe volume illustré de 752 pages avec les indispensables références bibliographiques et un index qui une fois de plus aide n’importe quell lecteur a se retrouver: ce sont “Les plantes et leur histoire à l’Ile Maurice” qui renferme pour ainsi dire le dernier mot des deux botanistes et historiens et qui constitue un veritable trésor d’histoire naturelle.

Dans ce double domaine (histoire et botanique) Guy s’est révélé un maître à penser dont nous ne pourrons plus jamais nous séparer lorsque nous nous adresserons à la nature mauricienne.

 

 

 

Conférence en l’honneur de feu Guy Rouillard- State House
3 juin 2017
Discours de remerciement par Pierre de B. Baissac
Président RSAS

Madame la Présidente

Je voudrais vous remercier, au nom de la Société Royale des Arts et des Sciences de l’île Maurice, d’avoir voulu tenir chez vous, ici au Réduit, cet évènement en l’honneur de feu Guy Rouillard.

En tenant cet évènement ici vous renouez avec deux vieilles traditions de la Société Royale qui remontent presqu’à ses origines.

La première étant celle de Patronne « occupant le fauteuil », soit la Présidence de session, comme il est inscrit dans nos anciens procès-verbaux.

La deuxième est celle d’être l’hôte ou l’hôtesse de réunions de la Société ayant lieu au Réduit, tenue la dernière fois à ma connaissance le 28 janvier 1889, alors que le Gouverneur était Sir John Pope Hennessy.

Cette réunion d’alors revêt une importance symbolique particulière car, tout comme vous, Madame, ce gouverneur était très intéressé par les plantes et leurs produits. Il fit exhiber lors de cette réunion divers produits venant de la colonie dont un Vin Colonial produit sur la propriété de M. Chéri Liénard, membre de la Société.

Mais le produit le plus intéressant était sans doute la première récolte de thé, dont il fit les membres gouter, provenant des jardins d’expérimentation que Sir John avait mis en place au Réduit. Fait très intéressant car c’est de cette expérimentation que vint l’essor de la culture du thé à Maurice, les tentatives précédentes n’ayant pas eu le succès espéré.

Guy en fait mention dans son monument publié avec Joseph Guého, ‘Les Plantes et leur Histoire à l’île Maurice’ dans le paragraphe suivant :

« Une parcelle fut plantée au Réduit, sous la direction de Sir John Pope Hennessy. Ces plantes, dit ce dernier, en janvier 1887 à la réunion annuelle de la Société des Arts et des Sciences, sont maintenant en fleur, et j’espère que dans un avenir proche, je serai en mesure de vous offrir une tasse de thé créole. »

Et c’est ce qu’il fit ici même au Réduit deux ans plus tard.

Je voudrais remercier la Société de l’Histoire de l’île Maurice ainsi que la Société de Technologie pour leur participation à la réunion d’aujourd’hui.

Je voudrais remercier tout particulièrement notre premier conférencier, Maitre Raymond d’Unienville pour son illustration très prenante sur le parcours de Guy Rouillard. Faute de temps, malheureusement, il s’est tenu à l’essentiel mais il aurait pu, je suis sûr, nous tenir en haleine beaucoup plus longtemps. Merci Raymond.

Cet éloge a été suivi par la causerie très intéressante de M. Luc Gigord, Directeur du Conservatoire des Mascarins à la Réunion, que j’ai eu le plaisir de rencontrer pour la première fois hier et que je remercie d’être parmi nous aujourd’hui.

Il est approprié que cette conférence, intitulée « Enjeux de conservation de la biodiversité végétale indigène des Mascareignes : Vers un cycle vertueux de valorisation économique » soit donnée aujourd’hui car elle a lieu exactement entre la journée internationale de la diversité biologique tenue le 22 mai dernier, et la journée internationale de l’environnement qui aura lieu bientôt le 5 juin prochain.

Les enjeux pour les Mascareignes, et pour nous en particulier avec les moins de 2% de notre territoire en forêt indigène, sont importants. Les nombreuses menaces sur la survie de cette biodiversité unique ainsi que sur toutes les fonctions écologiques qu’elles remplissent, et celles-là entièrement gratuitement pour l’homme, sont considérables et nous devons vraiment en tenir compte. La Société Royale devra, à l’avenir, contribuer dans la mesure de son rôle à ce travail.

Encore une fois je voudrais faire mention de Guy. Bien que la conservation ne fût pas vraiment son domaine il y trouva, toutefois, une importance certaine. Cela nous le verrons dans son discours en tant que Président de la Société Royale lors de la cérémonie d’inscription, en 1979, de quatre noms, James Duncan, Jean Vinson, John Horne et Octave Wiehe, sur l’Obélisque Liénard. Guy prononça les mots suivants : ‘Tout en respectant le vœu du donateur, la Société a depuis élargi ce concept afin d’y inclure les naturalistes dont l’œuvre s’est élevée au- dessus du commun et qui ont contribué de façon marquante à la connaissance et à la sauvegarde de notre faune et de notre flore.’

Indéniablement des propos avant- gardistes.

Je voudrais donc vous remercier, à vous Madame et à tous ceux qui sont présents ici aujourd’hui, pour l’hommage vibrant que vous faites à ce grand mauricien.

Je vous remercie.

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