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Texte
de Georges Robert
Georges Robert (1939)
< Olga de Chazal (1907) < Edgar de Chazal (1867) <
Pierre Edmond de Chazal (1837)
Villa Sylvain, Curepipe – Ile Maurice
Villa
Sylvain a été une demeure familiale de 1908 à 1986.
Mon grand père Edgar et ma grand mère Emma, sont arrivés dans
la maison en 1908, maman avait 10 mois. Y sont nés mes oncles et tantes
Cyril, Emma, Elsie, Louise, Charlie et Jimmy.
Mon grand père, a transformé la maison avec sa famille qui
s'agrandissait. L'ingénieur,
M. Henri Genève, celui-la même qui a construit la Cathédrale St.
Louis, a refait le toit en forme de mansarde et mes oncles et tantes y
habitaient. Le toit
contenait de belles essences.
La
maison doit son nom "Villa Sylvain" à une anecdote familiale.
Mon grand père
aimait le nom Sylvain et voulait le donner à un de ses fils.
Ma grand mère s'y est toujours opposée, si bien qu'il a donné
le nom à la maison…
Ma
grand mère, née Kellman, avait une sœur non mariée, Laura.
Deux chambres ont été ajoutées pour elle et elle y a vécu la
deuxième moitié de sa vie.
Au
décès de mes grands parents en 1934 et 1935,
la maison était occupée par ses enfants non mariés. Au mariage
de ma mère, en 1938, elle
et mon père se sont installés à Villa Sylvain, j'y suis né ainsi que
ma sœur Pauline.
Je
n'ai pas connu mes grands parents, mais j'ai passé mon enfance proche
de tante Laura et de mes
tantes et oncles non mariés qui habitaient la maison.
Mes
parents sont devenus propriétaires de Villa Sylvain en 1948 mais la
destination familiale de la maison a toujours été maintenue.
Tante
Emma y a vécu jusqu'à ce qu'elle aille, dans les années 40,
habiter chez ses amies Mazérieux, tante Louise jusqu'à son départ
pour l'Afrique du Sud et oncle Charlie pour Madagascar. Oncle Malcolm a
toujours gardé sa chambre dans la mansarde, il n'y était que pour les
nuits, on le voyait lorsqu'il entrait et sortait.
Il était très discret. Cependant on l'entendait marcher dans sa
chambre la nuit lorsqu'il ne dormait pas.
Ses journées se passaient, à
une certaine période à l'hôtel National a Port Louis, puis au Morne.
Oncle Cyril y a vécu dans les années 50 et 60, après sa séparation
d'avec tante Mary, jusqu'à son départ pour l'Angleterre. La maison a
aussi accueilli les enfants de tante Gladys. Dans les années 40-50, il
n'y avait pas d'école proche des propriétés sucrières, les écoles
se trouvaient à Curepipe. Villa Sylvain a donc connu les enfants de
tante Gladys qui y venaient en pension. Oncle Dick a demandé que tante
Gisèle y passe quelques temps avant la naissance de Françoise.
Françoise est née à Villa Sylvain.
Cette
destination familiale m'a gardé proche de la plus grande famille.
Les oncles, tantes et cousins venaient rendre visite à tante
Laura aux périodes de fêtes, Nol, le Nouvel An. C'est ma mère Olga
qui gérait au mieux qu'elle pouvait ce va et vient familial.
Lorsque
j'étais enfant il n'y avait pas d'invitations à des repas à Villa
Sylvain. Les temps étaient
difficiles. Par contre
ma mère et mon père étaient toujours ouverts à tous visiteurs et
l'hospitalité s'effectuait autour d'une tasse de thé. Il y en avait à
toute heure. Le thé se servait souvent sous la véranda vitrée qui était
le lieu de rencontre, et le solarium en hiver, elle se prêtait très
bien aussi aux discussions peripateticiennes des divers membres de la
famille qui échangeaient avec plus ou moins de passion leurs idées en
l'arpentant d'un bout à l'autre. Les occupants de la maison autant que
les visiteurs se rappellent
aussi l'immense gravure qui
a toujours été au mur de la salle à manger, une reproduction du
tableau de Dignity and Impudence, un grand et un petit chien au repos
devant leur niche.
La
maison était entourée d'un grand jardin, à l'arrière duquel passait
un cours d'eau, la Rivière Sèche, malgré le fait qu'il y avait
toujours de l'eau… nous les enfants y faisions des pique niques sur
ses bords, sous de grands et beaux arbres..
Ces arbres y avaient été plantés par mon grand père après un
procès qu'il avait intenté aux Bois et Forets, et qu'il avaient gagné.
Ce département gouvernemental s'opposait à cette initiative.
Toutes les générations de cousins se souviennent très particulièrement
d'un vieux jamalaquier, ils passaient de longs moments dans ses
branches, et à la saison des fruits les degustaient accompagnés de sel.
Le
jardin était aussi planté de superbes azalées blancs et roses, de
camelias roses et blancs, de magnifiques bougainvilleas rouges, une
glycine, des rosiers rouges "Crimson Glory" aussi beaux que
parfumés, des hortensias bleus. Ma
grand mère aimait beaucoup le jardin et elle s'y est beaucoup interessée.
Après elle c'est tante Louise qui s'en est occupée,
avant que ma mère ne prenne la relève après le départ de
tante Louise. Ma mère a géré
les acquis, et en souvenir de sa maman, qui aimait les fleurs mauves, a
privilégié les delphiniums bleus et blancs, et les violettes mauves.
D'autres
souvenirs sont attachés à ceux qui ont vécu proches de Villa Sylvain.
Mes grands parents avaient une bonne, Adrienne, que j'ai connue
quand elle était agée. C'était
une Malagasy très distinguée. Elle
était très attachée à mes grands parents et réciproquement, elle n'était
pas mariée, habitait la dépendance avec sa soeur Laure, qui était la
bonne d'Oncle Malcolm, et son frère Léon.
Elle était très pieuse. Je garde d'elle le souvenir d'une
aristocrate.
Ma
sœur Pauline a fait construire sa maison dans le jardin arrière dans
les années 1960. Elle
est partie pour l'Australie en 1986, et mes parents, qui se trouvaient
alors seuls et vieillissant, sont venus chez nous à Eau Coulée où une
maison y a été construite pour eux.
En 1986 la maison a été vendue et abrite une école maternelle.
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