Les derniers descendants Chazal à Madagascar.
S'il existe une famille profondément enracinée à la grande île, au point
d'y être retournée sans hésiter après l'orage politique des années 1970, c'est
certainement la famille Murat. Leur retour leur semblait naturel tant ce pays
était le leur. Ils s'y sentaient aussi à l'aise que le lémurien sur la branche.
Le mimétisme des Murat avec Madagascar est étonnant.
Leurs ancêtres ont probablement influé sur leur comportement d'aujourd'hui. Ils
avaient quitté Maurice pour s'installer
dans ce pays où ils
ont cherché à y bâtir leur vie:
- Les premiers, Adrienne de Chazal et son époux Paul Chevreau de Monlehu,
habitaient déjà Tamatave lors de la prise de la ville par l'escadre de l'Amiral
Bienaimé en
décembre 1894, évènement qui marqua le départ de la colonisation française. Médecin de grand dévouement, Paul s'est consacré à soigner la petite communauté étrangère présente dans la ville autant que la population indigène. Il survecut miraculeusement à une epidemie de peste qui avait fait 42 morts au sein de la communaute tamatavienne. Un article du journal mauricien, le Cernéen de décembe 1998, note qu'il avait contracté la maladie, et qu'il avait horriblement souffert.
- Ensuite Eva de Chazal et son époux Paul de la Haye Duponsel vinrent aussi
s'installer à Tamatave. La terrible épidémie de peste venue de l'inde les
emporta tour à tour à la fin de l'année 1898 et au début de 1899, laissant deux
orphelins en bas âge dont Pierre le père de Monique Murat. Les deux enfants
partent pour Ambostra en filanzana (chaise à porteurs} chez Edmond Duponsel qui
marié à une sud-américaine avait accepté de s'occuper d'eux. Finalement les
enfants retourneront à Tamatave afin d'embarquer pour Maurice, où leur tante Madame Du Mée
née Duponsel qui n'avait pas d'enfants, avait
décidé généreusement d'élever
Pierre et Guy
encore très jeunes. Plus tard Pierre, à la suite de mauvaises affaires
retournera à Tamatave avec son épouse et 4 de ses enfants: Nicole, Eva, Paul et
Roger. Il travaillera chez son oncle Olivier de Chazal qui avait quitté
Fianarantsoa pour fonder une société d'import-export- transit, associé à son
ami Rollo. A la mort d'Olivier, Pierre qui venait de gagner à la loterie,
rachète ses parts et plus tard celles de Rollo et devient l'unique
propriétaire. Paul prendra la suite de son père, tandis que Roger créera une
affaire d'assurances.
- Plus tard, en février 1896, Evenor de Chazal le père d'Adrienne et
d'Eva, débarquera à Mananjary avec une grande partie de ses 11 enfants,
voyagera en chaise à porteurs (filanzana) pendant 28 jours, afin de rejoindre
une propriété qu'il avait achetée à 6 kilomètres de Fianaransoa. Il y plantera
principalement du café, mais sa préoccupation principale fut la prospection de
l'or en pays tanale. " Passer des semaines à prospecter, coucher dans des
cases malgaches, vivre de riz et d'eau, manquer de tout, courir les bureaux,
étudier les règlements, appeler, retenir, nourrir les mineurs... quelle vie !
" Comme au moment de la conquête de Madagascar où des milliers de soldats
français mouraient de maladie, les fièvres devenaient son obsession.
"Nous avons trouvé à Fianar quelques unes des choses que nous étions venus
chercher, la vie à bon marché et une
température agréable. Mais j'avoue que je ne m'attendais pas à y trouver
de la fièvre. Nous n'avons jamais, jamais de notre vie, été malades comme nous
l'avons été pendant le mois qui vient de s'écouler. On tombait par grappes de 3
ou quatre à la fois. Je ne crois pas que, durant ce mois de malheur, nous ayons
jamais été au complet autour de la table de famille aux heures de repas."
Son fils aine, Antoine, meurt de fièvre trois mois après leur arrivée. Evenor
ignorait encore la relation entre les fièvres et l'anophèle, ce petit moustique
vecteur du paludisme. Il pensait qu'elles étaient provoquées par la proximité
des rizières autour de Fianarantsoa.
Monique Duponsel, petite fille d'Eva de Chazal, et son époux Alfed Murat,
de la même trempe que leurs ainés, ont continué à perpétuer cette vie de
pionniers. Au lac Alaotra, ils se sont d'abord consacrés à la culture du
riz qui est l'aliment de base du malgache, ce qui les a encore plus rapproché
de ce pays. Ensuite ils ont créé une briqueterie à Ambohimena sur la propriété
qu'ils avaient achetée en 1947.
Juin 2008
Sur la route du sud, une dizaine de kilomètres après Ambatolampy sur la gauche,
une petite route de terre nous mène à Ambohimena
sur les terres de Monique jusqu'à cette maison surélevée aux arcades en briques
et au charme attachant . Monique Murat, ma cousine issue de germain, vient à
notre rencontre. Je n'ai pas le souvenir de l'avoir déjà rencontrée, et
pourtant l'accueil est chaleureux comme on sait le faire dans ce pays. C'est
une femme sans détour qui dit ce qu'elle pense. On devine un caractère
volontaire et vif. Elle parle volontiers du passé mais sans ressentir de
regret. Elle vit pour sa proche famille.
Devenue veuve, Monique a choisi de vivre sur son immense domaine de 1650
hectares, situé à 1665 mètres d'altitude où les nuits sont froides pendant
l'hiver austral. La foret y est importante et dense et
les terres
cultivables représentent 280 hectares. La briqueterie fonctionne toujours.
Teddy, l'ainé des 6 enfants y surveille la fabrication, alors que Denis le
cadet dirige l'entreprise. Denis surveille aussi le braconnage de la foret du
haut de son ULM. Nina qui est le quatrième enfant est revenue vivre sur la propriété. Elle envisage de faire de ce lieu beau et paisible des
chambres d'hote pour les touristes qui se dirigent vers le sud. Francis
lui, a préféré vivre et travailler à Tananarive la capitale où la vie est plus
attrayante. Son épouse Caroline Descroizilles de famille mauricienne depuis 7
générations est une artiste. Ils ont récemment ouvert une boutique d'artisanat
malgache. Ils n'envisagent pas de vivre ailleurs qu'à Madagascar. Leur fille
Anne-Sophie aussi.
Monique de la Haye Duponsel est née le 14.10.1928 a Curepipe (Maurice). Elle
épouse Alfred Murat le le 8 août 1951, ingénieur E.B.P. ne le 24.12.1910 à
Betafo (Madagacar). Ils ont 6 enfants :
Pierre, dit Teddy, né le 30 mai 1952 à Tananarive.
Lise dite Lison, née 2 novembre 1953 à Tananarive.
Francis, né le 18 juillet 1955 à Tananarive.
Regine dite Nina, née le 7 octobre 1956 à Tananarive
Eric, né le 25 janvier 1963 à Tananarive.
Denis, né le 12 juin 12 juin 1964 à Tananarive.
Jean-Pierre de Chazal
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habitions après le décès de Grand Père. Chaque semaine elle arrivait avec des MICKEYS et des SPIROUS, que JANY et moi attendions avec impatience. Elle avait des amis qui nous avaient adopté et c’est avec émotion que je me souviens des virées dans le camion de la Société DUPONSEL, il y avait Guite PAYET, Philippe BULTET, Chantal GUERIN et plein d‘autres que j’oublie. C’est sur son vélo de femme que j’ai appris, grâce à en faire. Je revois la scène sur le parvis du Temple situé en face de la maison de ma Grand Mère DUPONSEL, rue de Tananarive. Elle me pousse. Je suis debout et pousse sur les pédales. Elle me lâche. Je continue triomphant : je sais faire de la bicyclette. Autre scène que je lui dois. Elle nous emmène à la piscine. JANY sait nager, moi non. Avec patience elle me maintient et m’enseigne les rudiments de la natation jusqu’au jour, je revois la scène, où elle me lâche. Je sais nager. Ne parlons pas des visites chez COCO, le Chinois du coin de la rue, fournisseur à la demande de MONIQUE de friandises.
e suis est et restera hypnotisé. Il a une PANHARD ou une CITROEN Traction Avant, ce sont des voitures d’avant garde à cette époque et il conduit vite et bien. Monique et Alfred nous apportent des mets rares et délicieux : du jambon, surtout de l’Emmenthal. Alors qu’un morceau m’est offert, je me revois passer le doigt dans le trou et affiner, affiner le pourtour, en gardant le dernier morceau, le meilleur pour la fin, un peu comme on déroule un letchi….. Il est calme, sûr, fort et j’aurai l’immense joie et privilège de l’appeler Tonton ALFRED, comme Tatie MONIQUE. Nous assisterons à leur mariage et serons de leur vie familiale. Très vite nous assisterons aux naissances de nos cousins. La programmation de leurs enfants correspond aux lettres du prénom ALFRED. Nous verrons notre Tante MONIQUE enceinte et accoucher de Alfred dit Teddy, Lison, Francis, Régine, Eric et Denis. Soit trois Filles et deux garçons.
magicien. Il est jeune d’esprit. Il est malicieux. Il est amusant et a une façon de nous prendre à témoin de ses farces….. sans en avoir l’air. Alors je l’observe et j’apprends de lui. C’est un homme d’affaires respecté. Il est simple, sportif, discret. Pour moi cet homme est une révélation.
ne visite de sa rizerie du Lac Alaotra en avion privé. Il m’a montré un autre trait de son caractère et me faisait découvrir la nécessité d’être indépendant et financièrement et d’une hiérarchie.